Interview de Monsieur Philippe Tavernier - PDG de NUMERGY
Pascal Minguet : Qui est Numergy ?
Philippe Tavernier : Nous sommes le premier acteur français à proposer une offre dans le monde du cloud public en France. Nos services sont accessibles depuis le 5 septembre 2012.
Nous apportons aux organisations, l'énergie numérique dont elles ont besoin, pour qu'elles se concentrent sur leurs projets. Avec Numergy elles peuvent s'affranchir des coûts d'investissement et des contraintes informatiques. Nous voulons être un tiers de confiance en terme d'hébergement et de conservation des données sur le territoire national.
PM : Quel est votre écosystème ?
Philippe Tavernier : Numergy est une usine, qui rassemble autour d’elle l’ensemble des acteurs et compétences de l’informatique, des logiciels, des services et des télécoms. Comme Bull, SFR, mais aussi des grossistes, des Var's, SSII, intégrateurs. Ce modèle de distribution indirecte, permet de répondre aux besoins des entreprises les plus exigeantes.
PM : Où en est réellement le Cloud en France ?
Philippe Tavernier : Le concept est bien compris, il n'y a pas un jour où l'on ne lit pas un article, où je ne suis pas sollicité pour en parler.... Mais au delà, on constate en France une certaine inertie, que l'on peut sans doute expliquer par notre culture d'ingénieurs, qui veulent expérimenter, toucher avant de faire basculer leur entreprise ou administration. Il faut dire aussi qu'il n'y avait pas encore de solution nationale. En Angleterre il y a une grande place de marché qui vient d'être ouverte et en Allemagne il y a une grosse réflexion sur les normes, la méthode et la contractualisation qui est en marche. De son côté, la Commission Européenne commence à bouger, puisque les besoins sont là. En France, on a un cloud d'infrastructure publique qui existe et qui est opérationnel et qui va étoffer son offre.
PM : Qui va passer au Cloud dans les mois qui viennent ?
Philippe Tavernier : Ce sont les TPE, PME qui sont les plus rapides. Elles sont à la fois agiles, n'ont pas forcément les moyens d'invertir dans des infrastructures et des serveurs, et doivent se focaliser sur leur cœur de métier. Plus la taille de l'entreprise augmente, plus il y a de l'existant, des locaux, des serveurs... plus ont constate des freins à l'adoption rapide du cloud publique. On voit souvent la mise en place de Clouds privés, qui ne sont rien d'autre que l'industrialisation de modèle actuel, mais qui n'a pas de réel impact sur l'allégement des investissements et de la complexité.
Côte services publiques et administrations, chacun dispose de son centre d'hébergement, de ses serveurs, de ses applications... pourtant il y a matière à expérimenter rapidement et faire de réelles économies.
PM : Les décideurs français sont peut être un peu frileux ?
Philippe Tavernier : Il y a des freins au changement, mais je suis très optimiste. Aujourd'hui il y a un cloud publique français opérationnel, nous finalisons notre écosystème, mais nous sommes pérennes et il y a tout pour que les entreprises et les services publiques puissent expérimenter et passer au cloud. Ca avance.
Philippe Tavernier interviendra sur la plénière 6 – le vendredi 30 novembre à 9h40


